Sauvegarde externalisée : ce qui est réellement protégé

Une sauvegarde ne se juge pas au fait qu’elle tourne. Elle se juge le jour où l’on restaure, et ce jour-là il est trop tard pour découvrir ce qu’elle ne contenait pas.

La sauvegarde externalisée consiste à conserver une copie de vos données ailleurs que dans vos locaux, automatiquement, chez un prestataire dont c’est le métier. Elle répond à ce que la copie locale ne couvre pas : l’incendie, le dégât des eaux, le vol, et surtout le rançongiciel, qui cherche systématiquement les sauvegardes accessibles depuis le réseau avant de chiffrer le reste.

Elle ne remplace pas la copie locale, qui reste la plus rapide pour restaurer un fichier effacé un mardi matin. Les deux se complètent, selon la règle exposée sur notre page stratégie de sauvegarde 3-2-1.

Ce qu’il faut réellement sauvegarder

PérimètreSouvent couvert ?Ce qui se passe sans
Serveurs de fichiers et bases de donnéesOuiLe cas prévu par tout le monde
Messagerie et documents Microsoft 365RarementPerte définitive passé le délai de rétention de l’éditeur
Postes de travail et portablesRarementLes fichiers restés sur le bureau disparaissent avec la machine
Applications en ligne métierPresque jamaisVous dépendez entièrement de la politique de l’éditeur
Configurations réseau et pare-feuPresque jamaisDes jours de reconstruction après un remplacement d’équipement

Les trois dernières lignes sont les angles morts habituels. Ce ne sont pas des oublis de négligence : ce sont des périmètres que personne n’a explicitement attribués, et qui tombent donc entre les responsabilités.

Microsoft 365 n’est pas sauvegardé

C’est le malentendu le plus répandu et le plus coûteux. Microsoft garantit la disponibilité de son service et la résistance de son infrastructure : il ne garantit pas la récupération de ce que vous supprimez. Passé un délai de rétention court, un dossier vidé par erreur, une boîte aux lettres effacée après un départ ou des fichiers supprimés par un intrus disposant d’un mot de passe valide sont définitivement perdus.

La conséquence est directe : une sauvegarde indépendante de la messagerie, des documents et des espaces d’équipe est indispensable. Elle est comprise dans nos forfaits, et elle constitue l’un des premiers chantiers que nous ouvrons après une migration vers Microsoft 365.

Cette page vous a aidé ? C’est notre métier.

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La seule mesure qui compte : la restauration

Un travail de sauvegarde qui se termine en vert prouve qu’un fichier a été écrit quelque part. Il ne prouve pas qu’on saura le relire, que la base de données sera cohérente, ni que la machine redémarrera. La seule vérification qui vaut consiste à restaurer réellement, en dehors de la production, et à ouvrir ce qui a été restauré.

Nous procédons à ces restaurations de contrôle périodiquement, et nous en rendons compte. C’est aussi ce que demandent les référentiels de sécurité, à commencer par la norme ISO/CEI 27001, et ce qu’exige la réglementation applicable au secteur financier, détaillée sur notre page sauvegarde et reprise pour société de gestion.

Deux chiffres à décider avant de choisir une solution

  • Combien de travail acceptez-vous de refaire ? C’est ce qui détermine la fréquence des copies. Une sauvegarde quotidienne du soir signifie qu’un incident à 16 h fait perdre la journée.
  • Combien de temps pouvez-vous rester à l’arrêt ? C’est ce qui détermine la méthode de restauration. Rapatrier plusieurs téraoctets par internet prend des jours : si l’activité ne peut pas attendre, il faut pouvoir redémarrer directement chez l’hébergeur, ce qui relève de la continuité et reprise d’activité.

Ces deux réponses appartiennent à la direction, pas à l’informatique : elles arbitrent un coût contre un risque. Notre rôle est de les rendre explicites et chiffrées, puis de construire ce qui les respecte.

Hors de portée, et pas seulement hors site

Une sauvegarde accessible depuis le réseau avec un compte d’administration est une sauvegarde que le rançongiciel supprimera avant de chiffrer. C’est devenu le mode opératoire standard, et cela change la conception : au moins une copie doit être non modifiable pendant une durée définie, séparée des identifiants du domaine, et injoignable depuis un poste compromis. Sans cette propriété, la sauvegarde protège des pannes mais pas des attaques, ce qui revient à traiter le risque secondaire en ignorant le principal.

Questions fréquentes sur la sauvegarde externalisée

Qu’est-ce qu’une sauvegarde externalisée ?

C’est une copie automatique de vos données conservée en dehors de vos locaux, chez un prestataire spécialisé, chiffrée pendant le transfert et pendant son stockage. Elle protège des sinistres physiques et des attaques qui atteignent votre réseau.

La sauvegarde externalisée remplace-t-elle la sauvegarde locale ?

Non, elles ont deux fonctions distinctes. La copie locale restaure vite un fichier ou un serveur quand tout va bien par ailleurs ; la copie externalisée intervient quand le site est touché ou quand la copie locale a été atteinte. Une organisation sérieuse conserve les deux.

Faut-il sauvegarder Microsoft 365 ?

Oui. L’éditeur assure la disponibilité de la plateforme, pas la récupération de vos suppressions au-delà de courts délais de rétention. Une erreur humaine, un départ mal géré ou un compte compromis suffisent à faire disparaître définitivement des données, et c’est le scénario que nous rencontrons le plus souvent.

Combien coûte une sauvegarde externalisée ?

Le prix dépend du volume et de la durée de conservation, et il est rarement le sujet : la sauvegarde reste l’une des dépenses de sécurité les plus faibles au regard de ce qu’elle couvre. Chez ITAIA, la sauvegarde des serveurs, des postes et de Microsoft 365 fait partie du forfait, dont les tarifs figurent sur la page offres.

Combien de temps faut-il conserver les sauvegardes ?

Assez longtemps pour couvrir une découverte tardive : une suppression ou une compromission passe fréquemment inaperçue plusieurs semaines. Une rétention de quelques semaines en accès rapide, complétée par des points mensuels conservés plus longtemps, couvre la grande majorité des situations. Les obligations propres à votre secteur peuvent allonger ces durées.

Les données sont-elles chiffrées ?

Oui, pendant le transfert et pendant le stockage. La question complémentaire, qu’il faut poser à tout prestataire, est celle de la détention des clés et de l’emplacement des centres de données, deux points qui doivent figurer au contrat et non dans une brochure.

Que se passe-t-il si nous changeons de prestataire ?

Vos sauvegardes doivent rester exploitables sans nous. C’est une exigence à formuler dès la signature : format de restitution, délai et coût d’extraction. Nous la traitons dans nos contrats, comme la réversibilité de l’ensemble de la prestation.

Vérifier ce qui est couvert chez vous

La question à poser n’est pas « avons-nous une sauvegarde » mais « qu’est-ce qui n’est pas dedans, et quand a-t-elle été restaurée pour la dernière fois ». Prenez 30 minutes avec un ingénieur : nous établissons le périmètre réel, les manques et les délais que vous pouvez tenir aujourd’hui.

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