Vous naviguez, et l’écran se fige. Un bandeau rouge annonce que votre ordinateur est infecté, une voix synthétique se déclenche, et un numéro « d’assistance Microsoft » s’affiche en gros. Le message vous dit surtout de ne pas éteindre la machine.

Tout est faux, sauf le risque. C’est l’arnaque au faux support technique, et Microsoft reste l’une des marques les plus usurpées en France. Voici comment la reconnaître en dix secondes, et quoi faire dans les minutes qui suivent.

Comment reconnaître un faux message de support ?

Trois signaux suffisent.

Microsoft ne vous appelle jamais, et n’affiche jamais de numéro de téléphone dans une alerte. Aucun éditeur légitime ne procède ainsi. Un vrai message de sécurité vous invite à lancer une analyse, pas à composer un numéro.

L’urgence est artificielle. Compte à rebours, alarme sonore, interdiction d’éteindre : l’objectif est de vous empêcher de réfléchir et d’appeler un collègue. Une alerte technique réelle ne vous met jamais la pression.

La page ne se ferme pas. Le site a simplement passé votre navigateur en plein écran et bloqué les raccourcis. Ce n’est pas un virus, c’est une page web.

Que faire dans les minutes qui suivent ?

Deux conduites à tenir face à un faux support technique, selon que l'on a appelé ou non Face à un écran bloqué affichant un numéro d'assistance : si vous n'avez pas appelé, quittez le plein écran, fermez l'onglet, redémarrez sans restaurer les onglets et prévenez votre informatique. Si vous avez appelé ou laissé quelqu'un prendre la main, débranchez le réseau, prévenez immédiatement votre informatique, changez vos mots de passe depuis un autre appareil, puis contactez votre banque et déposez plainte. Écran bloqué, numéro affiché, alarme Ne composez pas le numéro. Vous n'avez pas appelé 1. Échap pour quitter le plein écran,puis fermez l'onglet (ou le navigateurvia le gestionnaire des tâches).2. Redémarrez sans restaurerles onglets précédents.3. Prévenez votre informatique :vos collègues peuvent tomber dessus. Vous avez appelé ou donné l'accès 1. Débranchez le réseau (câble ou Wi-Fi).2. Prévenez l'informatique : le posteest à considérer comme compromis.3. Changez les mots de passe depuisun autre appareil, messagerie d'abord.4. Banque si paiement, puis plainte. Ne rappelez jamais le numéro pour « demander un remboursement » : c'est le deuxième étage de l'arnaque.
La bonne conduite dépend d'une seule question : quelqu'un a-t-il pris la main sur le poste ?

Si vous avez appelé, et surtout si vous avez laissé quelqu’un prendre la main sur votre poste, la situation change de nature : un logiciel d’accès distant a probablement été installé, et parfois un outil de vol d’identifiants. Conservez tout ce qui peut servir : numéro appelé, montant, horaire, captures d’écran. Cybermalveillance.gouv.fr propose une fiche réflexe et une mise en relation avec des prestataires de proximité ; les appels et SMS frauduleux se signalent au 33700.

Pourquoi les entreprises sont particulièrement exposées

Un salarié seul face à un écran bloqué prend une mauvaise décision dans les trente secondes, surtout en août quand l’équipe informatique est réduite et que le collègue à qui il aurait demandé conseil est en congés. Le scénario ne demande aucune faille technique : il exploite le fait que personne ne sait qui appeler.

C’est la partie que l’on peut supprimer sans budget. Affichez, dans votre charte informatique et sur votre intranet, une règle en une ligne : en cas d’alerte de sécurité, on n’appelle jamais le numéro affiché à l’écran, on appelle celui du support. Un salarié qui connaît son numéro de support ne compose pas celui des escrocs.

Côté technique, trois mesures réduisent fortement la surface : un filtrage des sites malveillants au niveau du réseau, un blocage des installations de logiciels par les utilisateurs, et l’authentification multi-facteurs sur la messagerie, qui limite les dégâts si un mot de passe est capturé.

Par où commencer

Si vous n’avez pas encore de charte, notre générateur de charte informatique produit un document adapté à votre structure en quelques minutes, gratuitement. Et si vous voulez savoir où en est votre parc sur ces trois mesures, le pré-diagnostic cybersécurité vous donne une réponse chiffrée en trois minutes.

Pour en parler de vive voix, réservez un rendez-vous de 30 minutes avec un ingénieur, sans engagement.

Sources