Un MSP qui automatise n’est pas encore un MSP autonome. C’est la distinction qui a structuré la Matinale ChannelNews du 16 septembre 2026, intitulée « MSP 2026 : l’IA agentique change la donne », à laquelle Gregory Moulis, directeur général d’ITAIA, a participé en tant qu’intervenant, comme nous l’avions annoncé quelques jours plus tôt.

L’émission, organisée par ChannelNews et diffusée en ligne sur 01Channel, réunissait plusieurs dirigeants de sociétés d’infogérance autour d’une question simple à poser et difficile à trancher : comment un MSP passe-t-il de l’automatisation de tâches répétitives à une autonomie opérationnelle assumée, sans perdre le lien de confiance avec ses clients ni diluer sa marge dans le processus. Gregory Moulis intervenait sur la deuxième table ronde de la matinale, consacrée à la préservation des marges et à la croissance des acteurs du secteur dans un marché qui ralentit.

Progression en trois stades d'un MSP, de gauche à droite : tâche manuelle, où le technicien exécute chaque action à la main ; automatisation supervisée, où le script exécute et le technicien surveille ; agent autonome, où l'agent détecte, corrèle et propose l'action. Le niveau d'automatisation augmente d'un stade à l'autre. Sous les trois stades, une même bande porte un badge validation humaine : aucune action irréversible sur l'infrastructure d'un client sans la validation d'un technicien, y compris au stade le plus avancé. Schéma ITAIA.
L'automatisation progresse d'un stade à l'autre ; la validation humaine, elle, reste en place jusqu'au bout.

Pourquoi ce sujet concerne aussi les clients régulés

La question dépasse le cercle des prestataires. Un MSP qui délègue une part croissante de sa supervision à des agents IA autonomes devient, pour ses propres clients financiers, un tiers dont il faut documenter le fonctionnement au même titre qu’un éditeur logiciel. Nous en parlions il y a quelques jours dans notre article sur les agents IA comme nouveau tiers critique au sens de DORA : la même logique s’applique, en miroir, à la manière dont un prestataire d’infogérance construit ses propres automatisations internes. Chez ITAIA, ce sujet touche directement notre manière de superviser 3 000 postes et serveurs : l’automatisation sert à détecter et alerter plus vite, jamais à décider seule d’une action irréversible sur l’infrastructure d’un client régulé.

C’est aussi une manière de rappeler une conviction qui nous est chère : un prestataire qui gagne en autonomie technique ne doit rien perdre en transparence vis-à-vis de ses clients, en particulier ceux soumis à supervision AMF ou ACPR.

Un grand merci à Johann Armand, rédacteur en chef de ChannelNews, qui a animé les échanges avec beaucoup de rythme et de justesse, et à Jean-François Le Nilias, dirigeant de Canaltech, éditeur de ChannelNews, pour son invitation et pour l’organisation de cette matinale. Ce type de rendez-vous, où des dirigeants de MSP parlent franchement de leurs marges et de leurs choix techniques, reste rare ; il mérite d’être salué.

Nous y prenons part volontiers, à une condition : que la parole ne soit pas achetée. Gregory Moulis intervient comme expert ou intervenant sur l’infogérance, la cybersécurité, DORA et l’IA agentique chez les MSP, en conférence, table ronde, émission ou interview, dès lors que l’invitation est éditoriale. ITAIA ne paie ni ne sponsorise jamais sa place à une tribune : c’est ce qui permet de dire ce que l’on pense, y compris de nos propres outils. Organisateurs et rédactions peuvent nous écrire à [email protected].

Le replay de la matinale est disponible sur inscription auprès de ChannelNews. Pour toute question sur la manière dont ITAIA encadre ses propres automatisations chez ses clients régulés, un rendez-vous de 30 minutes permet d’en discuter directement avec l’équipe.

Source : Matinale ChannelNews, « MSP 2026 : l’IA agentique change la donne », 16 septembre 2026