Un serveur informatique de PME se remplace ou se migre quand il sort de garantie ou que son système sort du support, pas quand il tombe en panne : le jour de la panne, on n’a plus le choix. La question nous revient sous cette forme : « Mon serveur a huit ans et marche très bien, pourquoi le toucher ? »

Quand faut-il vraiment le remplacer ?

Deux signaux comptent. Le matériel d’abord : au-delà de cinq ans, un serveur est le plus souvent hors garantie constructeur, et une pièce qui lâche peut prendre des jours à arriver. C’est une règle de terrain, pas une norme.

Le système ensuite. Windows Server 2016 sort du support étendu le 12 janvier 2027, soit dans 94 jours (cycle de vie Microsoft). Après cette date, plus de correctifs de sécurité, sur une machine qui porte souvent les fichiers, l’annuaire et parfois le logiciel de gestion.

Sur place, chez un hébergeur ou dans le cloud : comment trancher

Le serveur sur place garde un sens quand une application métier l’exige, ou quand le débit local compte. Il demande alors un onduleur, une sauvegarde testée et quelqu’un qui surveille les disques.

L’hébergement chez un prestataire retire le matériel de vos locaux et laisse la machine, virtuelle ou non, sous votre contrôle. Le cloud va plus loin et remplace une partie des usages par des services : messagerie, fichiers, annuaire. Nous avons détaillé ce que le cloud apporte réellement, et à quelles conditions, dans cet article, ainsi que ce que la virtualisation change dans celui-ci.

Notre position : on ne migre pas par principe. On migre ce qui gagne à l’être, et on laisse sur place ce qui dépend d’un équipement ou d’un logiciel qui ne bouge pas.

Sur place, hébergé, cloud : ce que vous gérez Trois colonnes, chacune avec une pile de trois couches : matériel en bas, système au milieu, données en haut. Sur place, les trois couches sont en orange : vous gérez matériel, système et données. Hébergé, seules les couches système et données sont en orange : le matériel passe chez le prestataire. Cloud, seule la couche du haut, vos données et vos accès, reste en orange. Sous les colonnes, un coin orange qui s'amincit de gauche à droite figure la part que vous gérez vous-même : elle diminue, mais ne tombe jamais à zéro. Sur place, hébergé, cloud : ce que vous gérez Sur place Hébergé Cloud Données Système Matériel Données Système Données et accès Matériel Système Matériel Vous gérez : Vous gérez : Vous gérez : matériel, système, données système, données vos données et vos accès vous gérez le prestataire gère CE QUE VOUS GÉREZ VOUS-MÊME DIMINUE →
Plus on va vers la droite, moins vous gérez vous-même ; vos données et vos accès restent toujours à vous.

Combien coûte un serveur qui s’arrête ?

C’est la question que le dirigeant pose rarement et qui décide pourtant du budget. Le calculateur du coût d’un arrêt informatique permet de la chiffrer avec vos propres données : nombre de personnes bloquées, durée, chiffre d’affaires. Comparé au prix d’un remplacement planifié, l’écart parle seul.

Un point que nous ne pouvons pas trancher à votre place : la durée de vie réelle d’un serveur dépend de sa charge, de sa température, de son entretien. Un serveur de huit ans bien entretenu et sauvegardé peut valoir mieux qu’un serveur de trois ans négligé.

Ce qu’il reste à faire cette semaine

Relever pour chaque serveur sa date d’achat, son système et ce qu’il porte. Repérer celui qui est hors garantie ou sous Windows Server 2016. Vérifier la dernière restauration réussie de sa sauvegarde.

Gregory Moulis, directeur général chez ITAIA

Gregory vous reçoit pendant 30 minutes pour faire ce tour de vos serveurs avec vous et fixer ce qui se garde, se migre ou se remplace : prendre rendez-vous.

Sources : Microsoft, cycle de vie Windows Server 2016 · ANSSI, guide d’hygiène informatique